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La Pratique, AFA de l'Indre, Résidanses pluridisciplinaires

 

RÉSIDENCE DU 1er AU 11 SEPTEMBRE 2026

SORTIE DE RÉSIDENCE LE VENDREDI 11 SEPTEMBRE À 19H

Entrée libre – Réservation conseillée : 06 95 24 61 46 – info.lapratique@gmail.com

 

Le Rapt de Louis Garrel est une comédie grinçante sur les déterminismes sociaux. On y suit Bryan Polach qui kidnappe son ancien camarade de promotion, le célèbre Louis Garrel, pour le confronter à une question existentielle : pourquoi l’un a-t-il réussi et pas l’autre ?

 


THÉÂTRE


Écriture mise en scène jeu Bryan Polach
Dramaturgie Sephora Heymann
Jeu Laurent Papot
Décors Chantal de la Coste
Lumières Laurent Vergnaud
Son Didier Leglise
Régie générale Julien Helin

Coproductions MC Bourges, Maison Nevers, Atelier à Spectacle
Accueil en résidence La Pratique – AFA de l’Indre, MC Bourges, Le Carroi, Atelier à Spectacle, La Chartreuse

 

Note d’intention 

En 2004 j’étais en passe de sortir du CNSAD. Nous étions en voyage scolaire à Milan au Piccolo Teatro dirigé L. Ranconi. Je passais le plus clair de mon temps à sécher les cours, à traîner dans Milan en fumant des clopes. Une autre partie de notre promo était très studieuse et choquée par notre attitude méprisante à l’égard des enseignants italiens et des élèves qui les adoraient. Nous considérions probablement que nous étions au-dessus de tout ça.

Il y avait dans ma promotion un jeune comédien, appelé Louis Garrel, fils du réalisateur Philippe Garrel qui intervenait dans notre école. Louis venait de tourner avec B. Bertolucci. Le film était sorti en Italie et en déambulant dans les rues de Milan, je réalisais peu à peu que Louis était connu, mais vraiment connu. Des jeunes Milanaises l’interpellaient: “Luigi Garrel ! Luigi Garrel !”

Il était déjà un sex-symbol ou quelque chose comme ça et moi je ne réalisais que très peu l’écart qui nous séparait et qui se creusera encore pour finalement devenir un abîme.

Ce que je ne réalisais pas à cette époque ou ne voulais pas réaliser, c’est que beaucoup de choses étaient déjà jouées. Pas réellement parce que Louis était le fils de Philippe, pas seulement, mais parce que Louis était Louis, et Bryan, Bryan.

Quand Isabelle Huppert est venue le voir jouer lors des journées de juin qui marquaient la fin de l’aventure du CNSAD, je suis passé à côté d’eux sans y prêter complètement attention.

Quelque chose d’incroyablement violent se joue dans l’existence, dans l’inégalité des parcours des uns et des autres et j’aimerais interroger cette inégalité au théâtre. Combien d’argent de plus que Bryan, Louis gagne-t-il alors qu’ils ont fait la même école ? Pourquoi ? Est-ce la faute de Bryan ? N’y at- il pas assez mis de croyance ? De détermination ? Tout était-il joué d’avance ? Qu’aurait pu faire Bryan pour infléchir le destin différemment ? Est-ce que notre colère de pauvre, notre frustration ne cache pas en réalité notre manque de volonté, notre incompétence ? Et puis ne sommes nous pas tous un peu le Louis Garrel de quelqu’un ? Et n’y a til pas une sorte d’indécence à se plaindre de sa trajectoire quand de plus en plus de personnes meurent dans nos rues ?

Pourquoi kidnapper Louis Garrel ? Pour lui soutirer de l’argent ? Pour se venger ? Ou pour essayer de comprendre l’insaisissable inégalité entre les Hommes ?

Bryan Polach

 

Compagnie ALASKA

Créée en 2017 par un binôme d’artistes, Karine Sahler et Bryan Polach, Alaska est installée dans le Nord du Cher. Le projet de la compagnie est structuré autour de 4 axes :

· Tirer le fil de nos questions : nous partons toujours d’un problème insoluble dont nous essayons de débrouiller la complexité au plateau. Quid de l’enfant-témoin de violences conjugales quand il devient père à son tour (Violences conjuguées, 2017) ? Comment peut-on mourir lors d’un contrôle d’identité (78.2, 2021) ? A quel prix s’engager dans les luttes écologiques (Ce qu’on a de meilleur, 2024) ? Suis-je déterminé ou pas assez déterminé (Le Rapt de Louis Garrel, 2026).

· Inviter les corps, tous types de corps, au plateau et dans le quotidien de notre travail. Nous proposons un jeu organique, nos distributions reflètent la diversité de la société, nous portons une attention au soin des conditions de travail pour tous·tes.

· Tracer le cercle dans lequel chacun·e peut penser, selon le travail de Rancière. Partir de l’égalité, dans le travail de création comme dans les actions culturelles.

· Prendre acte du contexte : la compagnie s’engage pour des pratiques vertueuses en matière environnementale et d’égalité.